Maurras naît dans une famille de la petite bourgeoisie provençale. Il fait d'abord ses études dans un collège religieux, mais perd la foi rapidement. Après avoir passé son baccalauréat en 1885, il part pour Paris et devient journaliste littéraire. Il se lie d'amitié avec Anatole France, qui renforce son agnosticisme et subit l'influence du positivisme d'Auguste Comte. Maurras évolue radicalement à partir de 1895-1896. Il rencontre le nationaliste Maurice Barrès, collabore à La Cocarde, mais surtout, rentre profondément changé de son voyage en Grèce, où il couvre les premiers Jeux olympiques modernes pour La Gazette de France. Il se range résolument dans le camps des antidreyfusards, se convertit à l'idée monarchique. Joseph de Maistre et Louis de Bonald inspirent ses idées politiques, Le Play et La Tour du Pin, ses idées économiques et sociales.
Il est le dirigeant et le principal fondateur du journal nationaliste, germanophobe, royaliste orléaniste l'Action Française. Il déploya, avec ses principaux collaborateurs, une grande virulence, allant jusqu'à l'appel au meurtre explicite, notamment contre Abraham Schrameck, ministre de l'Intérieur, en 1925 (« Ce serait sans haine et sans crainte que je donnerais l'ordre de répandre votre sang de chien si vous abusiez du pouvoir public pour répandre du sang français répandu sous les balles et les couteaux des bandits de Moscou que vous aimez »), ou contre Léon Blum, président du Conseil, dans L'Action française du 15 mai 1936 : « C'est en tant que juif qu'il faut voir, concevoir, entendre, combattre et abattre le Blum. Ce dernier verbe paraîtra un peu fort de café : je me hâte d'ajouter qu'il ne faudra abattre physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. Ce jour-là, il est vrai, il ne faudra pas le manquer. » Son talent littéraire donnait à ses ouvrages théoriques une grande influence dans les milieux cultivés et conservateurs de France, et ses qualités de polémiste lui assuraient une réelle audience dans d'autres, comme l'Académie Francaise.
En 1905 il fonde la Ligue d'Action française pour lever des fonds en faveur de L'Action Française, devenue l'organe de presse du mouvement.
Maurras eut un important ascendant idéologique sur Salazar et les intellectuels du régime salazariste. Il soutint pleinement le général Franco et, jusqu'au printemps 1939, Mussolini, soulignant la parenté entre bon nombre de ses idées et celles du fascisme. Il appréciait tout particulièrement la symbiose entre ses épigones italiens et le Parti national fasciste (L'Action française, 18 juillet 1923). Sa germanophobie l'empêcha de faire de même avec Hitler, mais, jusqu'en 1941, il ne renia pas ses disciples qui admiraient le nazisme : Robert Brasillach, Lucien Rebatet et la plupart des autres journalistes exerçant à Je suis partout, Abel Bonnard, Paul Chack, etc.
Il fut élu à l'Académie française le 9 juin 1938, au fauteuil 16, succédant à Henri Robert. Sa réception officielle eut lieu le 8 juin 1939.
Pendant l'Occupation, Maurras fit reparaître l'Action française, soutenant le régime de Vichy, qui s'inspirait dans une large mesure de ses idées. Pour lui, l'accession au pouvoir de Pétain est une « divine surprise » (Le Petit Marseillais, 9 février 1941). Il continua ses polémiques contre les Juifs, les francs-maçons et les « métèques », sur le thème : « Je l'avais bien dit ! » Le principal tort de Pétain à ses yeux était de ne pas aller assez loin dans la politique antisémite : le statut des Juifs d'octobre 1940 était pour Maurras et ses collaborateurs une bonne chose, mais il devait être durci et appliqué plus rigoureusement. Le nouveau statut, en juin 1941, fut une satisfaction, mais partielle.
Refusant le collaborationnisme, Maurras fut cependant, au moins en pratique, l'incarnation d'une collaboration « dans la dignité ». Ainsi écrivit-il dans l'Action française du 28 août 1942 : « Avec toute la France, les prisonniers heureusement libérés remercient M. Hitler. » Déjà, dans son édition du 1er novembre 1940, l'Action française approuvait l'annonce d'une collaboration faite par le maréchal Pétain à Montoire. Maurras ne cessa, jusqu'en 1944 d'invectiver les résistants et d'appeler à des châtiments impitoyables contre eux, ou contre leurs proches s'ils ne pouvaient être arrêtés. Lui qui avait beaucoup apprécié Charles de Gaulle jusqu'au printemps 1940 (cf. ses articles très élogieux dans L'Action française du 1er, puis du 3 juin 1940) se déchaînait contre le général parti pour Londres. Cependant, on retrouve des disciples de Maurras parmi les collaborationnistes comme parmi les résistants.
À la suite de sa condamnation à perpétuité pour « intelligence avec l'ennemi », l'Académie, passant outre la lettre de l'ordonnance du 21 novembre 1944, ne procéda pas à la radiation de Charles Maurras, comme elle le ferait également quelques mois plus tard pour le maréchal Pétain : elle se contenta, dans sa séance du 1er février 1945, de constater la vacance du fauteuil et de décider de ne procéder à l'élection du remplaçant qu'après le décès du titulaire. Ce remplacement eut lieu en 1953, avec l'élection d'Antoine de Lévis-Mirepoix.
Maurras commenta sa condamnation par une exclamation célèbre : « C'est la revanche de Dreyfus ! » En mars 1951, il bénéficie d'une grâce médicale et est transféré à la clinique Saint-Grégoire de Tours (Quartier Saint-Symphorien) où il meurt. Bien qu'affaibli, il collabora à Aspects de la France, journal fondé par des maurrassiens en 1947, suite à l'interdiction de l'Action française.